Qu'est-ce que le double don ?
Le double don — ou FIV avec double don de gamètes — consiste à utiliser à la fois des ovocytes d'une donneuse et du sperme d'un donneur pour créer un embryon, qui sera transféré dans l'utérus de la femme qui souhaitera porter l'enfant.
C'est le traitement envisagé quand les deux membres du couple ne peuvent pas contribuer leurs propres gamètes — comme dans le cas d'une IOP sévère du côté féminin et d'une azoospermie non obstructive du côté masculin.
En France, le double don est autorisé depuis la loi de bioéthique de 2021, mais les délais d'attente sont très longs. En Espagne, il est disponible sans liste d'attente.
Le côté médical : comment ça se passe
Le protocole est similaire à une FIV avec don d'ovocytes, avec une étape supplémentaire pour la sélection du donneur de sperme :
- Sélection des donneurs : la clinique sélectionne une donneuse d'ovocytes et un donneur de sperme selon vos caractéristiques physiques et votre groupe sanguin. En Espagne, les donneurs sont anonymes, jeunes (la loi espagnole fixe l'âge des donneuses entre 18 et 35 ans, celui des donneurs entre 18 et 50 ans — beaucoup de cliniques retiennent des donneurs plus jeunes en pratique), et ont passé des tests médicaux, génétiques et psychologiques approfondis.
- Préparation endométriale : vous prenez un traitement hormonal pour préparer votre utérus à recevoir l'embryon.
- Fécondation en laboratoire : les ovocytes de la donneuse sont fécondés avec le sperme du donneur.
- Transfert d'embryon : en général 3 à 5 jours après la fécondation.
Le côté juridique : la filiation en France
En droit français, la filiation dans le cadre d'un don est claire : l'enfant est celui du couple qui a consenti à la PMA, pas celui des donneurs. Il n'existe aucun lien de filiation entre l'enfant et ses donneurs biologiques.
Si vous êtes un couple de femmes et réalisez un double don, n'oubliez pas la RCA (Reconnaissance Conjointe Anticipée) à signer chez un notaire français avant le début du traitement — y compris si votre PMA est réalisée en Espagne.
Le côté émotionnel : avoir un regard honnête
Le double don est l'une des expériences PMA les plus intenses émotionnellement. Recevoir un diagnostic qui implique que ni vous ni votre partenaire ne pouvez contribuer génétiquement à votre enfant est un deuil. Un vrai deuil, qui mérite d'être traversé, pas minimisé.
Quelques réalités que les couples de double don partagent souvent :
- Le sentiment d'étrangeté au début, qui s'efface généralement à la naissance — voire bien avant
- La question de ce qu'on dit, à qui, et quand — une réflexion qui mérite d'être faite à deux, avant
- Le lien maternel (la grossesse, l'allaitement, la vie quotidienne) qui crée une filiation tout aussi réelle
- L'importance d'un accompagnement psychologique — pas parce que quelque chose va mal, mais parce que ce chemin est singulier
Le remboursement par la Sécurité sociale
Le double don est pris en charge par la Sécurité sociale en France, sous les mêmes conditions que la FIV classique. Pour un double don réalisé en Espagne ou ailleurs dans l'UE, un remboursement partiel est possible : il faut obtenir avant le traitement l'autorisation du CNSE (Centre national des soins à l'étranger), qui délivre le formulaire S2. Le remboursement se fait sur la base d'un montant forfaitaire fixé par l'Assurance Maladie (de l'ordre de 1 340 € pour un double don selon le barème ameli 2026), et seules les techniques autorisées en France sont prises en charge.
Comptez en Espagne entre 7 000 et 10 000 € pour un cycle de double don, médicaments en sus.
Sources
ameli.fr (AMP réalisée en UE, barème 2026) · Loi de bioéthique du 2 août 2021 · Loi espagnole 14/2006 · SEF (Sociedad Española de Fertilidad) · Vida Fertility · lesamisdudondovocytes.fr · APGL · Ministère de la Santé (droit d'accès aux origines, données mars 2025).