La PMA, une histoire à deux
On parle souvent de la PMA comme d’un parcours de femme : c’est son corps qui reçoit les traitements, les injections, la ponction, le transfert. Pourtant, chez environ un couple sur deux qui consulte pour infertilité, un facteur masculin est retrouvé, seul ou associé à un facteur féminin.
Et même quand la cause ne vient pas de lui, l’homme vit le parcours : l’attente, les échecs, l’impuissance à soulager sa compagne. Beaucoup d’hommes disent pourtant s’être sentis spectateurs, voire mis de côté. Ce n’est pas une fatalité : votre place compte, et vous avez le droit de la prendre.
Le spermogramme : le premier examen
Le spermogramme analyse un échantillon de sperme recueilli au laboratoire, le plus souvent par masturbation dans une pièce prévue pour cela, après 2 à 7 jours d’abstinence. La gêne est fréquente et normale : pour l’équipe, c’est un examen comme un autre.
Les résultats varient beaucoup d’un examen à l’autre. Un résultat anormal se contrôle toujours par au moins un second examen, souvent environ trois mois plus tard. Quelques valeurs de référence de l’OMS (2021), limites basses :
| Mesure | Valeur de référence |
|---|---|
| Concentration | 16 millions par mL ou plus |
| Nombre total | 39 millions ou plus |
| Mobilité progressive | 30 % ou plus |
| Formes typiques | 4 % ou plus |
Votre laboratoire peut utiliser d’autres seuils. Un résultat sous ces valeurs n’empêche pas forcément une grossesse, et un résultat dans les normes ne la garantit pas : demandez qu’on vous l’explique plutôt que de le déchiffrer seul. D’autres termes du parcours sont expliqués dans notre lexique de la PMA.
Quand on vous annonce une azoospermie
L’azoospermie, c’est l’absence de spermatozoïdes dans le sperme, même après centrifugation. Elle concerne environ 1 % des hommes, et 10 à 15 % des hommes qui consultent pour une infertilité. D’abord, et surtout : ce n’est la faute de personne.
- Azoospermie obstructive : les spermatozoïdes sont produits, mais leur chemin est bloqué. On parvient souvent à en retrouver par un prélèvement chirurgical.
- Azoospermie non obstructive (ou sécrétoire) : la production est très faible ou absente. Des spermatozoïdes peuvent parfois être trouvés dans certaines zones du testicule.
Un bilan suit en général : consultation chez un urologue ou un andrologue, échographie, dosages hormonaux et bilan génétique. C’est un diagnostic qui touche à l’identité, à l’image de soi, au couple : il est normal d’en être profondément secoué.
La biopsie testiculaire (TESE, micro-TESE)
La biopsie consiste à prélever de petits fragments de testicule pour y chercher des spermatozoïdes. Elle se fait le plus souvent en ambulatoire, sous anesthésie générale ou locorégionale. Si des spermatozoïdes sont trouvés, ils sont congelés pour une future ICSI.
- Prévoyez quelqu’un pour vous ramener : vous ne pourrez pas conduire ce jour-là.
- Une gêne de quelques jours est fréquente ; la reprise du sport se fait en général après environ trois semaines, selon les consignes de votre centre.
- Demandez à l’avance comment le résultat vous sera annoncé. Vous pouvez demander qu’il le soit en rendez-vous, et pas seul au téléphone.
Si rien n’est trouvé : le don de spermatozoïdes
Ce n’est pas forcément la fin du projet d’enfant. En France, le don de spermatozoïdes est gratuit et encadré par la loi, dans des centres autorisés dont les CECOS. Le parcours comprend des entretiens avec l’équipe médicale et un psychologue, puis un consentement signé chez un notaire, obligatoire pour une PMA avec donneur.
- L’attente d’un donneur était en moyenne d’environ 18 mois en 2025, de 8 à 28 mois selon les centres.
- Aucun lien de filiation ne peut être établi entre le donneur et l’enfant : le père, c’est vous.
- Pour les dons faits depuis septembre 2022, l’enfant pourra, s’il le souhaite, connaître l’identité du donneur à sa majorité.
Accepter un don, c’est souvent traverser un vrai deuil, celui du lien génétique. Il n’y a pas de bon rythme, et un accompagnement psychologique, seul ou à deux, aide beaucoup.
L’hygiène de vie : ce qui dépend de vous
La fabrication des spermatozoïdes prend environ trois mois : un changement d’habitudes se voit sur les examens suivants, pas tout de suite. Les leviers les mieux étayés :
- Arrêter le tabac (et le cannabis) : conseillé aux deux partenaires.
- Garder les testicules au frais : pas d’ordinateur portable sur les cuisses, limiter sauna et bains très chauds.
- Viser un poids plus sain et bouger régulièrement.
- Attention à la testostérone et aux anabolisants (y compris certains « boosters » de musculation) : ils peuvent mettre à l’arrêt la production de spermatozoïdes. Parlez-en à votre médecin, sans crainte d’être jugé.
Trouver sa place dans le parcours
- Allez aux rendez-vous, et parlez aussi pour vous. Vous pouvez demander qu’on vous explique vos résultats lors d’un rendez-vous dédié.
- Au travail : en France, le conjoint ou partenaire d’une femme en PMA peut s’absenter pour trois des examens médicaux de chaque protocole, sans perte de salaire (Code du travail, article L1225-16).
- Le jour de la ponction : accompagnez-la et conduisez au retour ; après une sédation ou une anesthésie, elle ne doit pas prendre le volant.
- Prenez soin de vous aussi : le psychologue du centre peut recevoir les hommes, seuls ou en couple. Vos émotions comptent autant que les siennes.
Le témoignage de Loïc
« Nous avons essayé, comme tout le monde, d’avoir un enfant sans trop nous inquiéter de savoir pourquoi cela ne fonctionnait pas tout de suite. Puis j’ai abordé notre entrée en parcours PMA sereinement, car j’étais à mille lieues d’imaginer que le problème viendrait surtout de moi.
Pour notre début de parcours et diagnostic en France, j’assistais à tous les rendez-vous, mais je me suis souvent senti mis de côté : on me demandait rarement mon avis, on me parlait peu. […]
Ce qui m’a le plus manqué, ce sont les témoignages d’hommes. Il n’y en avait quasiment pas. Alors j’écris celui-ci : si vous traversez la même chose, vous n’êtes pas seul, et votre place dans ce parcours compte. »
Loïc, mari de Mélissa
Retrouvez le témoignage complet de Loïc dans l’appli Neloa →
Espace « Pour lui », rubrique « Paroles d’hommes »
L’appli Neloa – Le Fil
Un espace « Pour lui », pensé pour les hommes
Dans l’appli, le mode homme vous accompagne selon l’étape où vous en êtes : fiches pratiques (le jour du recueil, les jours après la biopsie, l’attente du résultat, le don, le quotidien), questions à poser à votre médecin, et témoignages d’autres hommes. Vous pouvez aussi partager le vôtre.
Ouvrir l’appli →Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour améliorer un spermogramme ?
La production des spermatozoïdes prend environ deux à trois mois. Un changement d’habitudes (arrêt du tabac, poids, chaleur) se voit donc sur un spermogramme réalisé environ trois mois plus tard.
Une azoospermie empêche-t-elle d’avoir un enfant ?
Pas forcément. Selon la cause, des spermatozoïdes peuvent parfois être retrouvés par biopsie testiculaire et utilisés en ICSI. Sinon, le don de spermatozoïdes et l’adoption permettent aussi de devenir parents.
Le conjoint peut-il s’absenter du travail pour les rendez-vous de PMA ?
Oui, en France : le conjoint ou partenaire d’une femme en PMA peut s’absenter pour trois des examens médicaux de chaque protocole, sans perte de salaire (article L1225-16 du Code du travail).
Combien de temps faut-il attendre un don de spermatozoïdes en France ?
En 2025, l’attente était en moyenne d’environ 18 mois, de 8 à 28 mois selon les centres (Agence de la biomédecine). Votre centre vous indiquera son propre délai.
Sources
Organisation mondiale de la santé, manuel d’analyse du sperme (6e édition, 2021) · Association européenne d’urologie, recommandations sur l’infertilité masculine · Agence de la biomédecine, chiffres de l’activité d’AMP 2025 et brochure sur le don de spermatozoïdes · Code du travail, article L1225-16 · Garolla et al., Human Reproduction 2013 (sauna) · Sermondade et al., Human Reproduction Update 2013 (poids) · CHU de Tours, fiche patient biopsie testiculaire.